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L'entrepreneuriat au feminin

"Les femmes peuvent être la pierre sur laquelle se construira une Afrique plus libre, plus sûre et prospère. Elles doivent simplement disposer des moyens pour y parvenir". Hillary Rhodam Clinton (Secrétaire d'Etat).

Lancé en Juillet 2010 avec le soutien du Département d'Etat des Etats-Unis, le programme d'entrepreneuriat des femmes africaines (AWEP. African Women Entrepreneurship Program)  a pour but d'identifier et construire des réseaux de femmes entrepreneurs à travers l'Afrique Subsaharienne. Des femmes capables de transformer leur communauté par le développement d'entreprises et stimuler le progrès économique et social dans leur pays.

Ci-dessous une photo des 45 femmes sélectionnées dans toute l'Afrique Subsaharienne. Parmi elles, Glwadys, directrice fondatrice de Karethic au Bénin.

Karethic Benin 2012

Il y a deux mois, nous nous rendions au Bénin pour participer au séminaire Global Shea Alliance (Alliance mondiale du karité) et rencontrer les productrices du karité Karethic quelques jours avant le début de la collecte des fruits.

Une semaine après la fin du séminaire, nous prenions la route pour Materi, le village ou se situe l’unité de production Karethic.

Départ à 06 h00 de Cotonou, arrivée 11h00 plus tard dans le village de Materi (Atakora).

benin_karite_karethic

Nous avions réussi à mobiliser 6 groupements sur les 9 malgré le début des activités champêtres et la saison des pluies. Hors de question bien-sûr que nous leur demandions de venir à Materi. C’était à Karethic de se déplacer· ce, pour notre plus grand bonheur car chaque village est un véritable paradis terrestre….

Bien sûr, ceux qui ont déjà vécu plus d’un mois dans un village africain savent que les conditions de vie y sont difficiles. Mais la simplicité de cette vie rythmée par le travail au champ, l’artisanat, la cuisine, les rires des femmes et des enfants, les discussions ·à la tombée de la nuit sous un arbre, compensent (parfois) le manque d’eau courante, d’électricité, l’éloignement qui devient un véritable handicap lorsqu’il s’agit de soigner· un enfant, de se rendre au marché, ou d’aller à l’école.

village_karethic_benin

Passés la présentation des produits, des clients·, des pays où l’on trouve désormais leur ·véritable beurre de karité (France, Suisse, Pologne, Bulgarie…) ·les remerciements des productrices à travers un chant ou une danse pour avoir fait l’effort de venir leur présenter le fruit de leur travail, nous passons aux échanges et les questions pleuvent·:

Quelle est la signification de ce visuel? Pourquoi ce visage, ces tâches· (de rousseur) ? cette main·? Sur ces points les réponses apportées sont souvent accompagnées de rires, d’applaudissement et d’un grand soulagement pour nous car si nous avons décidé ensemble de nous battre pour faire connaitre le véritable beurre de karité, elles ignoraient comment nous nous y prendrions pour communiquer et promouvoir leur rôle dans l'industrie du karité.

·questions_karethic

Nous avons également eu des demandes d’accroissement du volume de beurre de karité à produire (j’espère que nos clients et prospects lisent ces lignes·!)·Le financement d’un jardin écologique dans l’unité (village de Nodi), la prise en charge des salaires des secrétaires et chargés de collecte en principe rémunérés par les coopératives (en contrepartie, les femmes s’engagent à apprendre à lire et écrire)· et bien sûr plus d’échantillons de la gamme qui a remporté un franc succès auprès des productrices ·

karethic_karite_productrices_materi_benin 

·Quant à l’avenir, nous avons échangé sur une possible diversification de leur activité vers la production de miel de karité (plus precisemment de fleurs de karité), de moringa et d’autres huiles comme le baobab, le neem, l’artisanat, la savonnerie.

Ce que Karethic a changé pour elles·? Principalement la possibilité de payer la contribution aux frais de scolarité, plus d’autonomie et la stabilité de leurs foyers.

Ce sur quoi nous devons nous améliorer? Apporter encore plus d’activité!. Nous ferons de notre mieux même en temps de crise et face à des géants ·de l’industrie cosmétique adeptes «·d’éthiquewashing·» voire «·d’ethique-surfing·»· aux tarifs défiant toute concurrence, utilisant l’image du petit producteur pour vendre, sans réel engagement durable sur le terrain.

Fort heureusement, le parcours de Karethic convainc d'année en année, de salons en séminaires, ces acteurs de l’industrie cosmétique qui souhaitent (enfin·!) plus de transparence, de qualité, ·d’authenticité et de justice. ·Nous le savons, notre principal atout est la qualité de notre beurre que nous avons travaillé et testé durant 4 ans. Par ailleurs nous somme deux…sœurs béninoises " têtues" pour certains "tenaces" pour d'autres, l’une au Bénin, Glwadys, (surnommée Mme Qualité ou graine de baobab) et l’autre en France (moi) .

 Proposer un beurre de karité certifié biologique et équitable c’est bien sûr mieux rémunérer les productrices mais c’est aussi supporter des charges supplémentaires pour la structuration des groupements en coopératives, les formations pour qu’à terme les productrices soient autonomes et indépendantes, les coûts de contrôles annuels d’Ecocert, la recherche et l’installation d’énergie renouvelables et non toxiques(solaire, biogaz VS bois par exemple)… , l'investissement dans une unité respectant les normes de sécurité et sanitaires 

 Loin d’être du marketing, le véritable commerce équitable, celui qui vise à long terme l’autonomie, la dignité un développement choisi et ·le respect entre acheteurs et fournisseurs, ·c’est en réalité beaucoup de charges, difficilement perceptibles pour le consommateur. D'ou le manque d'intérêt des industriels pour ce type d'engagement et d'investissement. Certains pourtant, pour sécuriser leur source d'approvisonnment ont choisi de s'engager dans une démarche équitable... non certifiée bien sûr (il ne faut pas exagérer!)... qui par conséquent s'ajuste en fonction des résultats ou priorités de l'année.

  Heureusement ·la volonté de poser des actes justes et durables pour les productrices·et les générations futures permet, à force d'imagination et d'innovation, de surpasser ces difficultés. Pourvu que les consommateurs avertis nous suivent···

 

 

 

Tres bonnes nouvelles du Benin

tres bonnes nouvelles du beninTrès bonnes nouvelles du Bénin

Auteur: Jacques Dallodé

Edition: Gallimard –Collection Contients Noirs

Un excellent recueil de 13 nouvelles satiriques pour découvrir et comprendre ce petit pays d'Afrique dont les principales (et uniques) richesses sont ses Hommes et sa culture.

Quatrième de couverture:

«Toute menue, toute légère, elle se tenait bien droite, une sucette à la main et, la tête couverte de ces tresses à pompon qu'on appelle doko, elle avait l'air d'un diablotin facétieux. - Que veux-tu ? gronda Sèbolola. Elle fit le geste d'approcher la sucette de sa bouche puis, se ravisant, déclara : - Pardon monsieur, je voudrais récupérer mon cerf-volant tombé dans votre carré. Le douanier n'eut qu'une idée, lui fermer la porte au nez. Mais le joli sourire de la fillette réussit à l'amadouer. - Attends, lui dit-il, et il lui rendit le jouet, non sans pester : C'est bien la dernière fois. Je déteste qu'on jette des objets chez moi.» Comment faire face à la corruption, au mauvais sort, à la stérilité, à l'adversité ? Les intrigues cocasses des nouvelles de ce recueil permettent d'aborder ces questions avec candeur et malice. Elles mettent en scène des personnages simples, décrits avec humour et sensibilité. De la ville au village, ils nous promènent en des lieux qui nous deviennent vite familiers. À travers leurs tribulations et leurs mésaventures, nous découvrons bien des réalités du Bénin, de l'Afrique - et de notre proche voisinage... Les histoires sont belles. Leurs fins saisissent, étonnent et surprennent. Elles donnent un grand bonheur de lecture.

J’ai découvert ce livre plein de vie, l’été qui précédait le lancement de la gamme Karethic en Octobre 2011. Après deux années de travail en France sur la gamme Karethic, le Bénin me manquait et les "Bonnes Nouvelles du Bénin" tombaient à point nommé pour me donner le sentiment d’être un peu la-bas.