Il y a deux mois, nous nous rendions au Bénin pour participer au séminaire Global Shea Alliance (Alliance mondiale du karité) et rencontrer les productrices du karité Karethic quelques jours avant le début de la collecte des fruits.
Une semaine après la fin du séminaire, nous prenions la route pour Materi, le village ou se situe l’unité de production Karethic.
Départ à 06 h00 de Cotonou, arrivée 11h00 plus tard dans le village de Materi (Atakora).

Nous avions réussi à mobiliser 6 groupements sur les 9 malgré le début des activités champêtres et la saison des pluies. Hors de question bien-sûr que nous leur demandions de venir à Materi. C’était à Karethic de se déplacer· ce, pour notre plus grand bonheur car chaque village est un véritable paradis terrestre….
Bien sûr, ceux qui ont déjà vécu plus d’un mois dans un village africain savent que les conditions de vie y sont difficiles. Mais la simplicité de cette vie rythmée par le travail au champ, l’artisanat, la cuisine, les rires des femmes et des enfants, les discussions ·à la tombée de la nuit sous un arbre, compensent (parfois) le manque d’eau courante, d’électricité, l’éloignement qui devient un véritable handicap lorsqu’il s’agit de soigner· un enfant, de se rendre au marché, ou d’aller à l’école.

Passés la présentation des produits, des clients·, des pays où l’on trouve désormais leur ·véritable beurre de karité (France, Suisse, Pologne, Bulgarie…) ·les remerciements des productrices à travers un chant ou une danse pour avoir fait l’effort de venir leur présenter le fruit de leur travail, nous passons aux échanges et les questions pleuvent·:
Quelle est la signification de ce visuel? Pourquoi ce visage, ces tâches· (de rousseur) ? cette main·? Sur ces points les réponses apportées sont souvent accompagnées de rires, d’applaudissement et d’un grand soulagement pour nous car si nous avons décidé ensemble de nous battre pour faire connaitre le véritable beurre de karité, elles ignoraient comment nous nous y prendrions pour communiquer et promouvoir leur rôle dans l'industrie du karité.
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Nous avons également eu des demandes d’accroissement du volume de beurre de karité à produire (j’espère que nos clients et prospects lisent ces lignes·!)·Le financement d’un jardin écologique dans l’unité (village de Nodi), la prise en charge des salaires des secrétaires et chargés de collecte en principe rémunérés par les coopératives (en contrepartie, les femmes s’engagent à apprendre à lire et écrire)· et bien sûr plus d’échantillons de la gamme qui a remporté un franc succès auprès des productrices ·
·Quant à l’avenir, nous avons échangé sur une possible diversification de leur activité vers la production de miel de karité (plus precisemment de fleurs de karité), de moringa et d’autres huiles comme le baobab, le neem, l’artisanat, la savonnerie.
Ce que Karethic a changé pour elles·? Principalement la possibilité de payer la contribution aux frais de scolarité, plus d’autonomie et la stabilité de leurs foyers.
Ce sur quoi nous devons nous améliorer? Apporter encore plus d’activité!. Nous ferons de notre mieux même en temps de crise et face à des géants ·de l’industrie cosmétique adeptes «·d’éthiquewashing·» voire «·d’ethique-surfing·»· aux tarifs défiant toute concurrence, utilisant l’image du petit producteur pour vendre, sans réel engagement durable sur le terrain.
Fort heureusement, le parcours de Karethic convainc d'année en année, de salons en séminaires, ces acteurs de l’industrie cosmétique qui souhaitent (enfin·!) plus de transparence, de qualité, ·d’authenticité et de justice. ·Nous le savons, notre principal atout est la qualité de notre beurre que nous avons travaillé et testé durant 4 ans. Par ailleurs nous somme deux…sœurs béninoises " têtues" pour certains "tenaces" pour d'autres, l’une au Bénin, Glwadys, (surnommée Mme Qualité ou graine de baobab) et l’autre en France (moi) .
Proposer un beurre de karité certifié biologique et équitable c’est bien sûr mieux rémunérer les productrices mais c’est aussi supporter des charges supplémentaires pour la structuration des groupements en coopératives, les formations pour qu’à terme les productrices soient autonomes et indépendantes, les coûts de contrôles annuels d’Ecocert, la recherche et l’installation d’énergie renouvelables et non toxiques(solaire, biogaz VS bois par exemple)… , l'investissement dans une unité respectant les normes de sécurité et sanitaires
Loin d’être du marketing, le véritable commerce équitable, celui qui vise à long terme l’autonomie, la dignité un développement choisi et ·le respect entre acheteurs et fournisseurs, ·c’est en réalité beaucoup de charges, difficilement perceptibles pour le consommateur. D'ou le manque d'intérêt des industriels pour ce type d'engagement et d'investissement. Certains pourtant, pour sécuriser leur source d'approvisonnment ont choisi de s'engager dans une démarche équitable... non certifiée bien sûr (il ne faut pas exagérer!)... qui par conséquent s'ajuste en fonction des résultats ou priorités de l'année.
Heureusement ·la volonté de poser des actes justes et durables pour les productrices·et les générations futures permet, à force d'imagination et d'innovation, de surpasser ces difficultés. Pourvu que les consommateurs avertis nous suivent···